Le cannabis thérapeutique et la France

Le cannabis thérapeutique historiquement utilisé, difficile à appréhender

Une plante utilisée pour ses vertus depuis des millénaires

Les premiers usages modernes du cannabis thérapeutiques correspondent aux traitements des symptômes du VIH et des premières trithérapies en Californie dans les années 70. Depuis environ 3000 ans avant JC, le cannabis est utilisé en pharmacopée, comme le montrent notamment des relevés et manuscrits en Egypte, en Chine, en Inde et en Sibérie.  Il faut attendre 1600 après JC pour qu’il soit introduit en Europe occidentale. Il est alors très largement utilisé et prescrit sous forme de teinture alcoolique pour soigner notamment les convulsions ou le tétanos. L’efficacité du cannabis est de plus en plus appréciée. En 1890 le docteur Russel (médecin de la Reine Victoria) rédige une première synthèse des effets du cannabis.

L'usage difficile à appréhender

L’usage du cannabis thérapeutique pose un certain nombre de problématiques. Le nombre d’études clinique sur le cannabis thérapeutique est faible et l’interprétation des données disponibles n’est pas aisé.  Dans le monde, cet usage à fins médicales du cannabis se répand de plus en plus. Ainsi les données et observations sont facilitées. Les producteurs canadiens américains et israéliens agrègent des millions de données, alimentant la somme de connaissances contemporaines.

Le cannabis doit être appréhendé dans toute sa complexité et diversité notamment des interactions avec le corps humain. L’homme, en tant que mammifère possède un système endocannabinoide. Ce système endocannabinoide est régulateur et il participe aux fonctions essentielles du corps humain: il est notamment responsable de l’instinct protecteur (processus psychologique) qui permettent notamment l’adaptation à un nouvel écosystème. Le système endocannabinoide permet aussi au corps humain de se réguler: par exemple dans un état de stress important; le système s’active et le corps retrouve un état normal.  Le corps produit même ses propres cannabinoides: anandamide ou 2-arachidonoylgycerol. Les récepteurs du corps humain se trouvent essentiellement dans le système nerveux mais aussi dans certaines parties du système immunitaire.

La composition, les effets étudiés

Les études ont aujourd’hui permis d’identifier plus de cent dix phyto-cannabinoides. Le cannabis contient également de nombreux composants divers comme les terpènes (plus de 120 différents présents en très faible quantité), les flavonoïdes etc.  Les composés les plus étudiés et répandus sont le THC: tétrahydrocannabinol , CBD: cannabidiol, CBN: canabinol.

Le THC est la molécule à l’origine de l’effet psychotrope notamment. Il est aussi utilisé pour soulager de nombreux symptômes comme les douleurs, les nausées, l’appétit etc.

Le CBD quant à lui n’a aucun effet euphorisant et présente des vertus anti-inflammatoires. L’Agence Mondiale Anti-dopage a retiré le CBD de la liste des substances interdites. L’organisation mondiale de la santé le qualifie de sûr et non addictif. Cette molécule pourrait aussi aider les médicaments « traditionnels » à passer la barrière hémoencéphalique.  Des recherches approfondies portent sur d'autres cannabinoides non psychoactifs comme le CBG et CBC. La synergie entre plusieurs molécules comme THC plus CBD, provoque un effet singulier et augmenté; c’est ce qui est appelé l’effet d’entourage.*

Législation: un travail de longue haleine

Pour mieux appréhender une légalisation du cannabis en France le syndicat professionnel du chanvre recommande donc de ne pas restreindre les cannabinoides utilisables, ne pas restreindre arbitrairement les pathologies et les symptômes pour ces traitements, ainsi que d’avoir une approche holistique de la plante pour permettre l’ensemble des usages thérapeutiques.

Les bienfaits du cannabis peuvent être extraits notamment grâce aux processus d’extraction qui permet d’obtenir un extrait pur et concentré des bénéfices du cannabis et de pouvoir en orchestrer la composition finale.